La vie de Sébastien Delacroix
Le petit liégeois au regard curieux
Sébastien est né un jour ensoleillé de septembre 1980 à Liège, cité ardente nichée au cœur de la Wallonie. Il partageait sa naissance et son enfance avec son frère jumeau, Nicolas, formant un duo inséparable dès le premier jour. Fils de Gérard et Monique Delacroix, leur famille modeste et chaleureuse voyait en ces deux garçons une source intarissable d'anecdotes et de joies. Leur enfance fut rythmée par les explorations des parcs, les frites croustillantes dégustées sur la place Saint-Lambert, et les éclats de rire résonnant dans leur petite maison de Cointe.
Alors que Nicolas était plus attiré par les mécaniques et le monde ouvrier, Sébastien, lui, était un observateur silencieux, fasciné par la lumière changeante sur les coteaux de la Citadelle. Le jour où Gérard leur offrit à chacun leur premier appareil photo à l'âge de 10 ans — deux vieux Kodak Instamatic dénichés dans un vide-grenier — ce fut une révélation pour Sébastien. Le monde autour de lui prit une nouvelle dimension, celle des textures, des contrastes et des instants suspendus.
De ses terres wallonnes aux confins du monde
L'adolescence de Sébastien fut marquée par une soif d'apprendre et de comprendre les cultures au-delà des frontières belges. Fasciné par les récits de grands explorateurs et les documentaires, il dévorait les livres de géographie et les œuvres des photographes de National Geographic. Après ses humanités, il s'orienta naturellement vers des études de photo-journalisme à l'Institut des Arts de Diffusion (IAD) à Louvain-la-Neuve, où il affûta son regard et maîtrisa les techniques de son art.
Ses premières missions l'emmenèrent au-delà de l'Europe, notamment en Afrique de l'Ouest, documentant les marchés animés de Dakar et la vie des communautés nomades du Sahel. Il ne cherchait pas l'exotisme, mais la vérité des existences, la beauté des traditions et la dignité des peuples. Ses reportages, publiés dans des magazines belges et internationaux, ont témoigné avec force de ces réalités humaines.
La création de son foyer
C'est au détour d'un vernissage de ses œuvres à Bruxelles que Sébastien croisa le chemin d'Élise Montaigne, une éditrice d'art originaire du Brabant Wallon, dont l'intelligence et la douceur illuminèrent sa vie. Leur amour fut une évidence. Ils se marièrent en 2006, un mariage intime célébré dans une charmante ferme brabançonne, entourés de leurs proches, dont Nicolas et Sophie, toujours présents.
En 2007, leur foyer fut comblé par l'arrivée d'Arthur, un enfant curieux et plein d'énergie. Deux ans plus tard, en 2009, la famille s'agrandit avec la naissance de Chloé, une petite fille au sourire pétillant. Sébastien, le grand voyageur, découvrit alors la plus belle des aventures : la paternité.
Les liens sacrés
Les années qui suivirent furent celles de l'épanouissement familial et professionnel. Sébastien trouva un équilibre harmonieux entre sa passion pour la photographie et son rôle de père dévoué. Il initia Arthur et Chloé à la beauté des forêts ardennaises, aux légendes locales et à l'art de capturer l'instant, souvent armés de petits appareils photo qu'il leur offrait.
Les étés étaient synonymes de grandes tablées dans la maison familiale de Gérard et Monique à Liège, de balades à vélo le long des Ravel et de séances photo improvisées. Il était le photographe attitré de la famille, le conteur visuel de leur histoire commune, mais aussi le complice et l'oreille attentive de son frère jumeau Nicolas, avec qui il partageait bien plus qu'une ressemblance.
Un grand-père si jeune
La vie de Sébastien prit une dimension inattendue et merveilleuse lorsqu'il devint grand-père. Sa fille Chloé et son époux Thomas Leroy lui offrirent deux merveilleux petits-enfants : Louis en 2022, puis Jeanne en 2024. À peine 44 ans, Sébastien tenait déjà deux générations entre ses bras.
Ces petits êtres étaient pour lui une source d'émerveillement infini. Il aimait se blottir avec Louis et Jeanne, leur raconter des histoires inventées avec un accent wallon teinté de malice. Ces moments étaient la preuve vivante de la beauté de la vie qui se transmet.
Son héritage
En septembre 2025, alors que Sébastien savourait la plénitude de sa vie familiale et professionnelle, le destin frappa sans crier gare. Un diagnostic de leucémie fulgurante vint briser la mélodie de son existence. La maladie, d'une agressivité inouïe, ne lui laissa que quelques semaines.
Durant cette période d'une intensité bouleversante, Sébastien fit preuve d'un courage et d'une sérénité exceptionnels. Entouré de l'amour inconditionnel d'Élise, de ses enfants, de ses parents, de Nicolas et Sophie, et des rires innocents de Louis et Jeanne, il s'attacha à organiser son immense patrimoine photographique. Sébastien Delacroix s'est éteint paisiblement le 12 novembre 2025, laissant derrière lui non pas un vide, mais une galaxie de souvenirs, d'images et d'émotions.